Les cabanes dans les arbres – en peinture

Hello vous tous,

Je vous avais annoncé que nous ferions des petits détours culturels et que nous partirions en quête d’Art. J’ai repoussé ce moment… (j’avoue) que j’ai peur que mon article ne soit pas à la hauteur ! Alors avant d’attaquer un monument de la peinture, j’ai décidé de travailler, avec vous, un thème : Les cabanes dans les arbres. J’ai fait ce choix, car il y a quelques temps, j’ai réalisé un séjour ici : https://fantaisiebulle.wordpress.com/2014/04/26/larbre-a-cabane-du-reve-a-la-realite/ Cet article nous permettra de replonger dans cette ambiance et l’art ira même jusqu’à accentuer la part de merveilleux que renferme ces endroits.

J’ai décidé de restreindre notre étude à 3 œuvres + 1 oeuvre nous permettant de relier à nouveau la réalité. Commençons ; )

Tout d’abord j’aimerai m’arrêter un instant sur le mot « merveilleux« . Je ne l’ai pas choisi au hasard. Il est intéressant de définir ce terme, car c’est lui qui va former les fondations de mon développement. Le registre merveilleux se retrouve dans les histoires surnaturelles. J’entends par là, un personnage, un sort, ou un monde extraordinaire. Le parallèle avec les contes de fées est évident, mais l’enchantement peut être bénéfique, comme maléfique. Notre présentation commencera dans un univers serein et lumineux, puis nous laisserons notre récit sombrer doucement vers un monde plus angoissant.

Pour commencer, nous étudierons une oeuvre in situ (= situé sur son lieu d’installation) réalisée à  la bombe aérosol. C’est une fresque qui a été créée pour la salle de détente des enfants de la clinique Edouard Rist. Répartie sur 3 murs, sur une surface de 6m50 sur 2m50, elle a été réalisée en 5 jours. L’artiste n’est pas explicitement nommé, mais il s’agit de l’association Hard Deco que je vous invite à découvrir via ce lien : http://www.hard-deco.com/ Leurs travaux valent le coup d’oeil !

fresque-foret-feerique-magique-ruisseau

Contrairement à un tableau, la fresque nous emmène dans l’oeuvre d’art. D’une certaine façon, il est donc plus facile de s’y projeter. Ici, c’est important de le rappeler, nous sommes dans une zone hospitalière réservée aux enfants. Il était donc primordial de faire émaner du décor de la douceur et de la chaleur. Les créateurs décrivent ce décor comme un « paisible sous-bois éclairé, coloré et magique. Dédié à la détente et au repos des enfants« .

Les couleurs utilisées sont majoritairement pastelles. Des petites lucioles aux couleurs chatoyantes rappellent les fées, notamment les 3 fées Flora, Pâquerette et Pimprenelle, du conte de La Belle au Bois Dormant. Chaque boule de lumière est placée de manière à adoucir encore le décor. Les silhouettes d’arbres par exemple, sont des éléments à traiter avec tact car elles peuvent rappeler les forêts peuplées de monstres. Ici l’artiste rythme les troncs avec beaucoup de lumières et de couleurs. Arrêtons nous encore un instant sur l’arbre central où repose la cabane : une sphère rosée impulse directement la vie. Personnellement je perçois ce détail comme un cœur… tous comme le petit cœur des enfants devra continuer à (se) battre.

Une ambiance musicale se dessine également : à l’arrière plan, dans la lumière douce du soleil, s’élèvent des oiseaux. On peut aisément imaginer leurs gazouillis. Le cours d’eau ne semble pas faire de bruit, ou seulement de légers clapotis. A gauche, nous distinguons la source du ruisseau. Mais il est calme. Tout comme le vent qui semble s’être arrêté. Nous sommes hors du temps, dans un endroit merveilleux. Serein.

Enfin, venons-en à la cabane. Elle est située à une hauteur confortable. Son accès est facile et la passerelle est sécurisée. Nous pouvons sans soucis imaginer gagner ce lieu. Le logis, accueillant, semble réalisé en bois et en paille. Néanmoins, les fenêtres et les portes restent assez mystérieuses… car la couleur de la lumière, orangée chaude et puissante, n’est pas typique des éclairages électriques. C’est magique ! Féérique !

Nous poursuivons avec une peinture acrylique exécutée sur toile par l’artiste milxprod. Je vous invite également à découvrir les travaux de cette illustratrice graphiste via ce lien : http://www.milxprod.com/

tableau-cabane-arbre-2

Je n’ai pas eu la chance d’étudier de prêt ce diptyque (= oeuvre composée de deux parties), ni d’en trouver beaucoup de détail. Mais nous pouvons aisément considérer que l’artiste débute son travail par un collage de feuilles imprimées (journaux, livres…). D’une part j’aime cet arrière-plan original et inattendu, qui laisse fourmiller les mots, comme ils le seraient dans un rêve (le rêve étant le thème choisi par l’auteur, nous y reviendrons). D’autre part, je ne peux que saluer le travail de l’artiste, qui malgré ce fond plat et régulier, réussi à donner un volume et une vie frappante à sa cabane.

Le traitement de l’arbre est compliqué (au sens torturé). Le tronc est noueux et enchevêtré. L’arbre ne possède aucune végétation. Les branches du côté gauche sont peu fournies et forment des arabesques, alors qu’à droite, elles sont plus nombreuses et s’étirent… jusqu’à toucher la lune. Le trait me rappelle rapidement Tim Burton : le tronc s’élève semblable à celui de Sleepy Hollow. Les arabesques se retrouvent dans nombreux de ses dessins animés. Enfin les branches découpées sur un fond noir peuvent à première vue être effrayantes. Mais c’est la « douce horreur » que sait faire naître Tim Burton. Vous avez tous en mémoire l’épisode de la forêt que traverse Blanche Neige : un univers effrayant, qui au final est loin de l’être.

La lune est le « soleil » de ce tableau. Elle est auréolée d’un hâle hypnotique. C’est un paysage nocturne, mais je ne le considère pas comme menaçant. Le tableau de gauche, est rythmé par deux petites lanternes. Elles sont relativement discrètes, mais pourtant on ne peut pas les ignorer. Se sont des lumières situées en extérieur de la cabane : elles sont là pour nous aider à y parvenir, comme un phare au milieu de la mer.

Un autre élément nous permet également de nous projeter dans la cabane : il s’agit de l’échelle. Elle est haute, mais régulière et structurée. Il reste encore 3 marches à gravir et nous trouvons… une porte close. Une douce lumière jaune-orangée en sort, signe que la cabane est habitée. Je considère que la porte est fermée pour garder la chaleur et l’intimité dans le logis. Les fenêtres rondes sont atypiques (j’adore !). Le toit rougeâtre est ponctué de points blancs (des pierres ?) : cette juxtaposition n’est pas anodine. L’auteur souhaite faire un clin d’oeil au merveilleux : aux maisons champignons !

Enfin, je terminerais avec la citation présente à cheval sur les deux toiles : « fais de ta vie un rêve,… et d’un rêve, une réalité« . Considérons qu’il y a deux sortes de rêves : les jolis rêves et les moins jolis ^^ Selon moi, il y a donc deux possibilités :

– gravir une échelle et décrocher une vie rêvée (même si cette échelle peut sembler haute)

– ne pas faire de sa vie un rêve… et rester enfermé, comme dans une cage. Le motif de la cage à oiseau est présent sur l’oeuvre… MAIS il est important de noter que trois points blancs sont hors de la cage. On peut donc quitter la cage !

Nous arrivons à la 3ème partie de notre réflexion. Pour se faire, j’ai à nouveau choisi une peinture acrylique réalisée sur toile par la même artiste que pour l’oeuvre précédente : milxprod.

tableau-cabane-arbre

Adieu lanternes et fenêtres allumées. La cabane est traitée plus simplement… plus sobrement. Plus de toit champignon, plus de baie originale. Seulement deux ouvertures sans lumière. Je ne peux ignorer la longue échelle blanche qui se déploie, ni la palissade de protection. Mais le fond est très sombre, ce n’est pas rassurant. Le blanc semble être utilisé afin de cloisonner, notamment les fenêtres ou le contour de la porte. Cette précision presque médicale et très régulière. Elle peut aisément laisser penser aux fondements de notre corps, battis par des os, alignés soigneusement.

Passons à l’arbre. La base est massive et les branches tentaculaires. L’auteur dessine un véritable monstre marin ! Un Kraken ! Les bras de la chimère s’élèvent dans tous les sens et ondulent frénétiquement. Nous pouvons constater ce mouvement car certaines ramifications sont traitées en glacis (= technique de peinture permettant de traiter en transparence certaines parties et d’augmenter ainsi le relief). Nous avons ainsi une grande profondeur : du premier plan à l’arrière plan, tout est traité par des arabesques et des courbes. On bouge, on oscille. Par ailleurs, regardez le traitement de la végétation. Il ne s’agit pas vraiment de feuilles, ni de mousses, mais bien plutôt d’algues !

Enfin, nous devons étudier les motifs parsemés tout autour de la cabane : des petits cœurs noirs. La couleur est brute et directe. Mais le symbole est ambigu. Je vous laisse choisir votre lecture de l’oeuvre… Mais selon moi, il peut s’agir de l’amour déjà mort qui s’évapore du lieu. A vous de juger !

Mon article est censé se terminer ici. Mais afin de conclure et de quitter doucement le merveilleux, j’ai décidé de traiter encore le travail d’un artiste. C’est un autre style graphique ! Découvrons l’artwork d’iConstruct, qui a créé un petit environnement de jeu sur : http://eat3d.com/forum/art-gallery/tree-hut

Définition Wikipedia pour Artwork (de l’anglais signifiant littéralement « travail artistique ») est l’ensemble des travaux de création artistique destinés à mettre en valeur un produit de type culturel, tel qu’un album de musique, un jeu vidéo ou encore un film sur support vidéo. Il s’agit principalement du travail d’illustration et de graphisme, de la conception du packaging (définition du style et de la forme de l’emballage, en l’occurrence pochette ou jaquette, ainsi que livret ou guide officiel), de la photographie éventuelle, de la mise en page, etc. Dans le domaine littéraire, on parlera plus volontiers de «maquette», terme désignant l’ensemble du travail de réalisation de la couverture d’un ouvrage.

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De prime abord, je note la présence d’un point d’eau, comme dans le premier tableau que nous avons vu et c’est important ! Pour survivre dans une cabane, qui par définition ne possède ni électricité, ni eau courante, la proximité d’un point d’eau est cruciale. Ici l’eau est claire et reflète avec le soleil. Elle doit être poissonneuse, car nous pouvons noter la présence de poissons qui sèchent au balcon de la cabane. Un autre aspect de la survie est abordé lorsqu’on regarde sous l’arbre, à gauche : une hache est plantée dans une souche. Nous pouvons vraiment voir tout le côté pratique qui s’offre à nous. Continuons avec un sceau en bois suspendu sous la maison, qui laisse songer à un moyen pour faciliter les montées et descentes d’objets. Sur le toit, une petite cheminée indique que le logis est équipé d’un chauffage. Il doit y faire bon vivre et peut importe la saison. La végétation foisonne : au bord de l’eau, sous l’arbre et même aux branches de ce dernier. C’est une ode à la vie.

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Selon moi, cette cabane est très intéressante, car elle semble propice à une vie agréable. Elle possède un côté pratique, voir rustique qui nous rapproche de la réalité… Mais cependant cette cabane pourrait-elle être la nôtre ? Je ne pense pas. Ce lieu est très personnalisé : un homme a construit, avec sa hache, la cabane et il vit ici, il pêche et se repose sur son transat. Car la terrasse présente bien une chaise et non plusieurs. La porte est close, mais la fenêtre entre-ouverte : encore une fois, ça souligne la personnalité du propriétaire.

Cette cabane nous éloigne du merveilleux, comme nous l’avons rencontré auparavant et nous ramène dans un monde très pragmatique. Alors ma question est la suivante : vous aussi vous laisserez-vous tenter ? Imaginez votre propre univers : )

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Une réflexion sur “Les cabanes dans les arbres – en peinture

  1. Hello,

    ça change des précédents sujets 😉
    J’aime bien les tableaux même si selon moi le 2ième et le 3ième ne reflètes pas trop le « merveilleux ». Je les trouvent super sombre par rapport au premier qui lui fait clairement, comme tu le dis, « Féérique ». Il est vraiment adapté à un hôpital pour les enfants malade, je trouve ça super pour eux.
    Sinon pour la phrase « fais de ta vie un rêve,… et d’un rêve, une réalité » (d’Antoine de Saint Exupéry), je m’y suis intéressé un peu car je n’ai pas la même traduction que toi. Je pense qu’il faut plutôt trouver un rêve et ensuite tout faire pour le réaliser 🙂

    En tout cas c’est un bon article, continue comme ça 🙂
    A quand un article sur l’archéologie? 😉

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